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Portrait d'un héros : Nicholas Winton

  • Photo du rédacteur: voixdelapaix25
    voixdelapaix25
  • 21 juil.
  • 3 min de lecture

Rédaction : Axel


Nous sommes en 1988. Vous êtes assis au milieu du public lors d’une émission de la BBC, lorsque soudain la présentatrice vous désigne et demande aux spectateurs « Si vous devez la vie à cet homme, levez-vous s’il vous plait ». Vous vous retournez, pour découvrir une scène qui vous laisse sans voix : une centaine d’hommes et de femmes, debout, vous regardent en souriant. Vous leur avez sauvé la vie.

Voici ce qu’a vécu Nicholas Winton. Vous ne connaissez pas cet homme ? Laissez-moi vous présenter celui dont le courage a sauvé la vie de 669 enfants à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, celui qui a refusé de détourner le regard face aux violences de la guerre et qui a choisi d’agir pour la paix.


Image 1 : Nicholas Winton au château de Prague, 2007
Image 1 : Nicholas Winton au château de Prague, 2007

 

Né en 1909 à Londres, Nicholas mène une enfance plutôt tranquille et s’engage dès les années 1930 dans un parti socialiste en faveur de la paix. Mais la situation internationale se détériore : en 1934, après avoir obtenu les pleins pouvoirs, Adolf Hitler s’empresse d’appliquer sa politique antisémite et prépare progressivement l’expansion du territoire allemand. C’est ainsi qu’en 1938, à la suite des accords de Munich, il commence le démantèlement de la Tchécoslovaquie en annexant les Sudètes (région du pays). Les Juifs tchécoslovaques essaient alors de fuir leur pays, conscients du danger que représente pour eux l’Allemagne nazie.

C’est dans ce contexte qu’en décembre 1938, Nicholas Winton reçoit un appel de son ami Martin Blake, membre du Comité Britannique pour les Réfugiés de Tchécoslovaquie (CBRT), lui demandant de l’aide. Il y répond immédiatement en se rendant à Prague et découvre des milliers de réfugiés démunis et regroupés dans des camps surpeuplés. Réalisant la gravité de la situation, il monte alors une organisation pour sauver un maximum d’enfants juifs avant que la guerre ne se déclare et les condamne à la mort.

Mais la tâche est difficile : il doit regrouper plusieurs informations administratives (nom, photographie) sur les enfants pour permettre leur entrée en Angleterre, mais aussi lever des fonds pour aider les familles d’accueil à s’acquitter d’une nouvelle bouche à nourrir. Malgré cette difficulté, il parvient depuis sa chambre d’hôtel à faire évacuer par train 669 enfants de Tchécoslovaquie, les sauvant ainsi d’une mort tragique.


Image d'archive de Nicholas, surnommé le "Schindler britannique", avec l'un des enfants
Image d'archive de Nicholas, surnommé le "Schindler britannique", avec l'un des enfants

 

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Nicholas ne fut pas acclamé en héros dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au contraire, il retrouva une vie normale et ses actions furent oubliées pendant près d’un demi-siècle. Pendant ce temps, les enfants qu’il avait sauvés grandirent, l’un devint parlementaire (Alf Dubs), un autre mathématicien (Heini Halberstam), un troisième poète (Gerda Mayer), pour n’en citer que quelques-uns. Et par-dessus tout, ils eurent des enfants et des petits-enfants. C’est donc l’existence de milliers de personnes qu’a permis Nicholas par ses actes.

Cette histoire aurait pu ne jamais se faire connaitre. Mais en 1988, la femme de Nicholas retrouva un carnet avec la liste des noms de tous les enfants rapatriés. Elle décida de le porter à la BBC pour retrouver un maximum de ces enfants devenus pour la plupart grands-parents. Nicholas fut ensuite invité à l’émission That’s life! de la BBC et, alors âgé de 79 ans, il put retrouver une partie des enfants qu’il avait sauvés des nazis.


"C’est donc l’existence de milliers de personnes qu’a permis Nicholas par ses actes."

 

Nicholas Winton s’est éteint en 2015 à l’âge de 106 ans, mais son courage, sa persévérance et son humilité doivent rester dans nos mémoires, pour nous rappeler constamment que la lutte pour la paix peut être un combat silencieux et difficile, mais qu’une vie sauvée est ce qu’il y a de plus gratifiant sur cette planète.


Pour finir sur une touche d'émotion, je vous laisse avec l'émission de 1988 et les retrouvailles de Nicholas avec "ses" enfants :




Sources :

Ben Brooks, Stories for Boys Who Dare to Be Different, éditions Mazarine


Crédits :

Image 1 : Li-sung - Self-photographed, CC BY-SA 3.0

Merci à @aggy007 pour la vidéo de l'émission




 
 
 

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